Partis visiter Notre-Dame, les Seniors finissent à la Préfecture de police !
Vendredi 23 janvier 2026, un car quittait Villevaudé avec 36 Seniors à son bord. Direction la capitale pour visiter la cathédrale Notre-Dame, qui a rouvert ses portes le 8 décembre 2024. Et cette journée organisée par le Centre communal d’action sociale fut riche en surprises pour eux !

Célébrissime lieu de culte, Notre-Dame traverse l’histoire de France depuis 863 ans. Elle est devenue l’un des fleurons du patrimoine culturel, national et mondial car c’est l’une des plus anciennes cathédrales gothiques de notre pays ; sa construction ayant débuté en 1163 pour finir en 1345. Après l’incendie du 15 avril 2019, une mobilisation internationale a réuni près de 840 millions de donc qui ont permis de lancer un chantier titanesque pour la réhabiliter et la rendre à nouveau accessible au public après 5 ans et 7 mois de fermeture.
Durant la matinée, les Villevaudéens ont pu se promener librement dans l’espace central afin d’admirer les deux rangées de colonnes formant les doubles nefs uniques et le déambulatoire du chœur, typique de l’architecture médiévale. Ses voûtes vertigineuses, ses nombreuses sculptures et tableaux attestent d’une histoire foisonnante, empreinte de passion, de foi, mais aussi d’artisanat et de volonté farouche de transmettre dans le temps ; un message palpable dès que l’on franchit le portail du Jugement dernier.
Pour autant, sa rénovation complète est loin d’être achevée. Les travaux se poursuivent sur les parties extérieures, à l’arrière de la cathédrale, où se dressent encore des échafaudages. Il manquerait 140 millions d’euros et un nouvel appel aux dons a été lancé fin décembre 2025.


Après un repas roboratif à « L’Annexe de la petite Périgourdine », un bistrot du 5e arrondissement, les seniors ont découvert le musée de la Préfecture de Police, endroit très intéressant, mais peu connu des habitants de la capitale.
Circulez, y a beaucoup à voir !


Créé par le préfet Louis Lépine en 1909, le musée de la Préfecture de Police (PP) rassemble plus de 2000 pièces de collection, aussi diverses qu’originales. Il a quitté les combles du 36 quai des Orfèvres pour s’installer en juin 1975 à l’hôtel de police du 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève, dans le 5e.
Une conférence animée par Anaïs Éveno a brossé l’histoire de la police parisienne dont la particularité a été de s’adapter constamment à l’évolution de la société, surtout en matière de criminalité. 1657 marque la grande année du changement avec le premier lieutenant de police, Nicolas de La Reynie. Il démantèle les cours des miracles, développe l’éclairage et assainit les rues en y installant des latrines. La PP est enfin créée en 1800 par Napoléon, alors consul. Entre en scène, Vidocq, voyou repenti, détective et chef de la police française, souvent considéré comme le père de la criminologie moderne et de la police de renseignements.
Louis Lépine, préfet de 1893 à 1920, a beaucoup contribué à faire évoluer la PP : création des brigades cyclistes (les hirondelles), cynophiles (les chiens peuvent surveiller, protéger mais aussi sauver des vies humaines), fluviales (la Seine est propice aux noyades et pirateries des marchandises qui y circulent). Lépine instaure également le premier code de la route, avec les ronds-points, les passages cloutés, les agents de circulation. Il est aussi connu pour le fameux concours qui porte son nom et récompense les inventeurs de jouets (afin d’endiguer les ventes à la sauvette). Célestin Hennion, préfet de police de 1913 à 1914, est une autre figure mythique de l’institution. Il crée de nouveaux services comme la Direction de la PJ, développe les Brigades du Tigre si chères à Clémenceau car les gangsters utilisent les premières automobiles pour leurs forfaits, réforme les écoles de polices parisiennes…
La police technique et scientifique débarque avec Alphonse Bertillon et l’emploi de fiches signalétiques centralisées, la collecte d’informations anthropomorphiques et des empreintes digitales puis, plus tard, de l’ADN dont les premières études commencent en 1853 mais dont les découvertes ne s’appliqueront qu’à partir de 1984.
L’histoire de criminels célèbres tels Landru, premier « serial Killer » français exécuté le 25 février 1922 et Marcel Petiot, guillotiné le 25 mai 1946 pour le meurtre de 27 personnes, a tout autant captivé l’auditoire. La guillotine, unique instrument d’exécution depuis 1792, disparaît le 9 octobre 1981 après le discours de Robert Badinter à l’Assemblée nationale.
La rafle du Vél d’Hiv (16 et 17 juillet 1942) qui a vu l’arrestation de 13.000 hommes, femmes et enfants juifs par la police parisienne, n’a pas été occultée. « L’objectif du musée de la PP est d’être capable de remonter toute l’histoire de l’institution » a souligné la conférencière. Au cours de la libération de Paris, 167 policiers et sapeurs-pompiers trouveront la mort. Aussi, après la distinction « Mort pour le devoir », instituée par Napoléon en 1800 pour tout policier mort dans l’exercice de ses fonctions, viendra s’ajouter la fourragère rouge (Légion d’honneur militaire), octroyée à la PP par le général de Gaulle en 1944.
S. Moroy

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